Un Noël dans les nuages…

Ce n’est pas souvent que l’on fête Noël à l’étranger, encore moins dans un pays lointain, il nous fallait donc marquer le coup!
Après nous être aventurés dans les profondeurs du canyon del Colca, nous décidâmes donc de rejoindre les neiges éternelles de la cordillère des Andes.

Car oui, loin de nos familles, nous espérions au moins nous rapprocher du père Noël et de son traineau chargé de cadeaux…

Ainsi, nous quittâmes Arequipa pour un voyage en bus d’une douzaine d’heures à destination de Cusco.

Pour qui a déjà étrenné les bus européens en tant que moyen de transport longue distance, oubliez tout, le bus péruvien est fantastique, confortable, moelleux, les sièges s’inclinent presque à 180°, j’oserais même dire: un avant-goût de la première classe d’un vol international. (Oui, bien évidemment, je vous souhaite de voir vos voeux se réaliser un jour… ou tout au moins d’être surclassé sur un vol international et de boire du champagne dans un siège XXL).
Regardez plutôt:
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Pas mal hein, rajoutez à cela le repas, des boissons chaudes, un WiFi incertain… bon bien évidemment le luxe à un prix: 70 soles, soit 20 euros! Oui, j’admets c’est Adrien qui a insisté, moi j’aurai voyagé dans celui à 30 soles! ah ah ah
Cusco, Cusco, Cusco, 3400 mètres d’altitude, capitale de l’Empire inca, des petites rues partout, ça monte, ça descend, on s’y perd, on s’y retrouve, charmante!

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Ne faites pas la même erreur que moi, le drapeau que vous voyez battre au vent ne fait pas de Cusco un porte-étendard de la lutte LGBT, c’est juste celui de la ville!
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Donc, Cusco, deux jours de pauses, habituons nos corps à l’altitude, reposons-nous et surtout, préparons notre futur trek!
Sur ce point, pas la peine de trop anticiper -un des avantages de partir en basse saison, qui a dit saison des pluies!?- les choses, des centaines d’agences se trouvent dans la ville, des prestations toutes plus farfelues les unes que les autres, des prix globalement équivalents, ce qui fera la différence sera votre feeling. Et puis le degré d’autonomie que vous recherchez dans votre balade.

Pour notre part, arrivant à 8 heures du matin après une nuit de bus (délicieuse, ne l’ai je pas déjà dit?) nous nous sommes rendus dans une auberge de jeunesse, la Bohème, tenue par des Français, fréquentée par des Français et où nous pouvions manger… des crêpes, dans le mille! Établissement soit dit en passant extrêmement agréable, à l’ambiance chaleureuse et animée.
Une raison à cela, c’est là que nous allions retrouver Marie, Mélanie, Camille et Loic, qui nous a rejoints en route. Ou plutôt qui a rejoint Camille, l’Amour n’a pas de frontières et un vol international n’était que bien peu de choses pour un coeur amoureux.
Donc, nous voici à la Bohème, tous les six, cherchant, devisant et échangeant sur nos volontés futures. Continuerons-nous notre route ensemble, avons-nous envie de faire le même trek, qu’en sera-t-il ?

J’avais sur un blog (c’est aussi ce qui m’a poussé à en faire un, si si, rappelez vous, le partage de l’information) trouvé des renseignements sur le trek du Salkantay, certains l’ayant fait seul, d’autres par le biais d’une agence, refugios salkantay.

Ce qui m’a d’emblée plu avec eux c’est qu’il n’y avait pas de guides, on nous indique le chemine de la journée et nous cheminons seuls à travers les montagnes (rassurez-vous il n’y a que peu d’occasions de se perdre). Une sorte de semi-autonomie pour nous donner l’impression d’être de vrais aventuriers, parfait!
Le petit plus, sans que nous le sachions, l’auberge de jeunesse où nous étions travaille en collaboration avec eux, voilà qui a fini par faire pencher la balance.

Mais le salkatay trek, kézako?
Un trek en altitude, relativement peu fréquenté (par rapport à celui de l’Inca) bien moins onéreux, vous permettant de cheminer à travers montagne, forêt et jungle. Un must. Avec en clou du spectacle le passage du salkantay qui vous surplombe du haut de ses 6264 mètres. Si toutefois vous arrivez à le voir, pour notre part, saison des pluies aidant, le bougre jouait à cache-cache derrière les nuages.
Ce trek est considéré comme l’un des plus authentique et surtout bien moins encombré que l’Inca-trail ou le jungle trail.
Parfait!

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Jour 1:
Départ le lendemain matin sans tambour ni trompette à 6h30. Quelques heures de bus, une ambiance joviale et je vous laisse à la présentation des participants:

Comme vous le voyez une bonne humeur de groupe, un 4×4 à la cellule de vie renforcée (sisi, les barres noires intérieures recouvertes de mousses, au cas où l’on tombe, c’est que les routes au Pérou ne sont pas toujours très sures!) et quelques heures de route devant nous où nous aurons tout loisir de nous réjouir du paysage.
Direction Mollepata où nous changerons de véhicule pour en prendre un “beaucoup” plus typique. Pour 6 personnes, prenez un camion plateau, mettez à l’arrière 6 chaises en plastique, face à face, et vous aurez votre transport en commun! pas mal hein!?

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Et nous y voilà, premier refuge, cadre idyllique, le bâtiment est encore en construction, mais déjà semble magnifique, la vue, grâce aux énormes baies vitrées faîtes de plexiglas, est époustouflante. Les lits sont d’ailleurs face à d’immenses fenêtres pour nous permettre d’admirer étoiles et montagnes.
Bienvenu là haut.

 

Mais il n’est point temps de se reposer, une petite montée nous attend pour l’après-midi, histoire de voir comment réagiront nos organismes. Rien de bien grave, 432 mètres de dénivelés, 5,58 kilomètres de marche, du petit. Simplement l’étape du jour nous emmènera sous une pluie battante proche d’un magnifique lac d’altitude culminant à 4257 mètres… Préparez vos poumons!

Et partout, sans cesse, du brouillard, des nuages, qui défilent encore et encore….

Impressionnant n’est-il pas?

Allez, continuons à nous balader dans cette aventure.

Jour 2:
Réveil à 4h avec un maté de coca directement dans le lit (royal vous dis-je) et une bassine d’eau chaude pour les ablutions, petit déjeuner rapidement expédié et en avant pour la marche.

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Première étape: 825 mètres d’ascension, 77 de descentes, et 5,93 kilomètres à pieds. Le but nous rendre à la passe du slkantay à 4623 mètres d’altitude.

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Et je vous le garantis, cette première ascension n’avait rien d’une sinécure. Le manque d’oxygène, c’est vraiment étrange, un peu comparable à ce que l’on peut ressentir en plongée bouteilles, tout devient plus dur, plus lent, on cherche son air, le cerveau flotte dans une étrange réalité. Éthérée. C’est grisant et addictif, on en cherche plus, davantage, on se demande comment ce sera plus haut, on en redemande!

Bien que la frustration de toujours se faire dépasser par des mules subsiste, leur présence suffit aussi à nous donner un regain d’énergie, si ces équidés ont pu le faire, nous aussi!

Et enfin, le sommet se livre, perdu dans la brume, mais nous y sommes, harassés, souriants et heureux!
Ai je dis que nous étions épuisés aussi? Si non, et bien c’est le cas, cette montée nous a fourbu, et dire que nous n’avons à peine fait que le quart de cette journée, autour de 22 kilomètres.

Mais à chaque moment suffit sa peine, laissons éclater notre joie d’enfin y être et savourons ce moment!

Assez savouré? Et bien repartons, mettons un pas devant l’autre, encore et encore… mais après tout ne sommes nous pas venus pour ça?! marcher entre les montagnes, sentir notre souffle se mêler à celui du vent, à la respiration du monde, et surtout espérer voir le père Noël?!

Après 17 autres kilomètres, de la boue, de la pluie, une erreur de destination, un aller-retour non désiré, encore de la pluie, quelques problèmes gastriques, à nouveau de la boue nous voici arrivé à l’étape du soir: Chaullay.

Jour 3:
Le lendemain matin un départ est prévu à 6:30, un véhicule devant venir nous chercher. Véhicule qui ne viendra jamais nous récupérer. Discussion, organisation, solution et nous voilà partis dans un pick-up pour finalement nous arrêter 20 minutes plus loin et comprendre pourquoi notre transport n’était jamais venu: éboulement de terrain!

Et bien c’est reparti, remontons les manches, aidons-les à dégager le chemin. Par moment, ça ravine sec, beaucoup reste à regarder les bras ballants, nous choisissons d’aider, déblayant tant bien que mal, prêt à bondir au moindre cri (pour qui ne comprends pas l’espagnol, en situation de stress, n’importe quoi signifie: attention/barrez-vous/danger).

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La suite de la journée sera bien plus reposante, entre Tyroliennes, bain chaud et détente.
Bonheur!

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Mais n’oublions pas ce pourquoi nous sommes venus… El Machu Pichu.
Sachez qu’il existe différents moyens d’y parvenir:
-Le plus onéreux, un train directement depuis Cusco.
-Bien moins cher, un train depuis Aguas Calientes.
-Vraiment pas cher, en fait, ne coutant que le prix des sandwichs et de l’eau à boire. Marchez depuis Hydroelectrica pendant deux heures et demie et vous êtes .
D’après vous, qu’ais je choisis? 🙂


Nous y voici enfin, Aguas Calientes, demain nous irons à l’assaut du Machu Picchu!

Jour 4:
À 4h, réveil, 4h30 sur la route, 5H15 devant la grille, déjà du monde, mince une soixantaine de personnes nous devancent déjà!
6h la grille s’ouvre, doucement, nous passons le contrôle, pour nous élancer ensuite dans une montée effrénée, courant, sautant les marches, enjambant les difficultés, slalomant entre les plus lents -Adrien dira qu’il avait l’impression de remonter la chaîne alimentaire- se glissant dans le moindre interstice et grignotant au fur et à mesure notre retard… car oui, c’est une course sans règles et à peine déclarée qui se joue en ce moment même mesdames et messieurs, tout le monde veut être le premier en haut, le premier à gravir ces 2500 marches. J’ai pour ma part perdu mon pari, je ne suis pas arrivé premier, mais second. Je ferai mieux la fois prochaine.

7h, les portes du Machu Picchu s’ouvrent, à nous la visite, profitons de ces premiers instants où le site est vide. Car voilà la raison d’être premier en haut, prendre des photos (ou simplement se régaler du paysage) sans y voir âme qui vivent!


Sommes-nous joueurs? Assurément, alors rapidement enchainons sur une autre ascension, celle de la montagne Machu Picchu, 2000 marches de plus, et avec le sourire s’il vous plait! Ceci afin de toucher les nuages du bout des doigts, d’y enfouir la tête pour espérer repérer et alpaguer notre grand barbu plein de cadeaux.

Rien? Rien, visibilité déplorable, mais quoi, oh si, qu’aperçois-je entre les nuages, dans cette accalmie cotonneuse, vision si enchanteresse  que seul l’oeil ait pu la saisir?! c’est bien eux, le site du Machu Picchu et la montagne du Hayna Picchu juste derrière, magnifique. Je vous l’ai dit pas de photos, pour le voir, il faudra y aller les amis. Promis, ce n’est que du plaisir! 🙂

Et comme c’est Noël d’ailleurs, JOYEUX NOËL, pleins de belles pensées pour vous personnes connues ou inconnues, vivez, soyez heureux, avancez et découvrez!

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Après un bref retour à Cusco le temps de reprendre l’avion pour Lima puis pour ma future destination. De faire nos adieux à ce groupe si agréable, à ce pays si nouveau, magique et magnifique, de remercier Adrien d’avoir insisté pour y aller, de m’en vouloir de ne pas parler espagnol, d’être frustré de n’y avoir passé que 3 semaines et de n’en avoir visité qu’une portion. D’avoir rencontré tant de personnes si sympathiques, Mayo, sa tante, un inconnu, une inconnue, Marie, Mélanie, Camille, Loïc, Sarah, d’autres inconnus, pleins d’inconnus…
Voici ma conclusion, je ne parle pas espagnol, mais je dois l’apprendre, j’ai adoré le Pérou, j’espère y revenir ainsi que dans tous les pays d’Amérique du Sud, et surtout, mais alors surtout, la prochaine fois je resterais aussi longtemps que faire ce peu, car visiter un pays demande du temps et de la liberté! Et n’ais je pas choisis justement d’avoir les deux?

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