D’une crique à l’autre

Criques, rivières, fleuves… des visages variés. Qu’ils s’écoulent rapidement ou lentement, s’infiltrent, se divisent et se reforment plus loin. Se créent ou disparaissent, qu’ils soient sous couvert forestier ou dans des zones moins ombragées les cours d’eau de Guyane sont omniprésents. Mais d’une saison à l’autre, tout peut changer.

Jusqu’à 4 mètres de différences de hauteur d’eau où comment une simple excursion au-dessus des chablis peut se transformer en une avancée effroyable et laborieuse!

Donc, un premier repérage le 25 novembre de la crique eau claire près du barrage de petit saut. Le sourire, moteur vrombissant, nos 3 aventuriers nos savent pas encore à quoi ils vont se frotter!

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Le but, trouver où elle commence et y déposer les kayaks. Nous nous étions préparés à layonner pendant deux bonnes heures (ouvrir un sentier en forêt à coups de machettes) nous avons la chance de découvrir un layon de chasseur.. Balisé! Incroyable!
Suivant celui-ci sur quelques kilomètres, passant des lits de criques asséchées, ce qui aurait du nous mettre la puce à l’oreille sur la suite de l’aventure…) nous trouvons enfin le début de la crique eau claire: à peine un filet d’eau, mais surtout chablis sur chablis, c’est parti pour tirer, porter, jurer, soulever, muler, crier, exploser ses tibias…

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Trajet total pour descendre la crique eau claire de notre point de départ au dégrad Saramaca: 62 kilomètres.

Départ vendredi matin à l’aurore, le premier soir nous devions en avoir fait selon les estimations 17 pour nous rendre à la confluence avec la crique Nelson, début de la crique Couy. Nous mettrons deux jours pour l’atteindre!
La première journée verra une interminable succession de chablis, de portage de canoë à travers la forêt et d’avancée laborieuse, pour finalement inscrire 5km d’avancée au GPS! Miracle. Et bien demain, il faudra mettre les bouchées doubles!

Samedi: 17 kilomètres inscrits au compteur, nous pouvions parfois pagayer plus de 20 mètres, mais les chablis se succèdent toujours. Avons-nous pris le rythme, notre corps s’est-il habitué? Toujours est-il que nous avançons plus vite, serrons les dents, et ne réfléchissons plus autant à notre traversée des obstacles, pressé par le temps nous ouvrons à coups de machette et grâce à notre éclaireur, Pierro dît la mule, une autoroute à travers les difficultés!

Dimanche: nous devons rattraper le temps perdu, nous avons rendez-vous avec des amis venus en coque à moteur à notre rencontre. Entre midi et 17h, si nous n’y sommes pas, ils s’inquièteront! Mais surtout, ils sont notre ticket de retour pour la civilisation, et la Guyane étant une terre sans réseau il nous serra malaisé de les joindre par la suite. Nous devons faire la jonction avec eux aujourd’hui.
Levés à 5h30, à 7h nous sommes sur les Kayaks et pagayons. Ô joie et premier signe de vie, la plupart des troncs sont maintenant tronçonnés, il ne nous reste plus qu’à nous faufiler entre, plus de laborieux portage pour nous. Avec le rythme qui augmente, à peine une heure et deux kilomètres plus tard, nous atteignons enfin la confluence avec le crique Nelson -but de notre premier soir-, mais pour découvrir déçu que celle-ci soit comme beaucoup en Guyane, complètement orpaillée! Nous avançons certes plus vite, mais dans une eau rendue maintenant insalubre et turbide par les rejets de mercure et de boues! (Moi qui aimais tant boire l’eau directement à la “rivière”)

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C’est donc avec une vitesse soutenue que nous reprenons le rythme, inquiet quant à notre gestion de l’eau (dans la forêt la micropure est ta meilleure amie, mais il est quand même préférable d’y adjoindre une eau “propre”), mais heureux de pouvoir enfin lancer le kayak dans des glisses de plus de 20 mètres, car la Couy c’est ça, un boulevard pour kayakiste névrosé, une avenue pour sprinteur esseulé, l’occasion pour nous de rattraper le temps perdu!
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Pour finalement, à 12H02, enfin les rejoindre, au carbet Minot, ils venaient d’ouvrir les bières étant sûr que l’apéro nous ferait venir… cela n’a pas raté! Fourbu, mais heureux nous les retrouvons avec joie! En profitant pour nous sécher au soleil, nous restaurer, boire de l’eau tout notre notre saoul et se réjouir de cette belle aventure!

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En rentrant nous vîmes quand même une spécificité de la jungle, une pirogue brésilienne revenant d’un week-end en carbet, avec si vous regardez bien un énorme écran plat dessus! Si vous pensez que c’est impossible de le faire en forêt, c’est que vous n’avez pas encore vu de brésilien à l’oeuvre!
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72 heures plus tard, fin de l’aventure, heureux mais usé. À quand le prochain départ? 🙂

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Ci-dessous la trace au format GPX, en bleu sombre, le mercredi et la déposent des kayaks, l’intervalle entre le bleu et le rose? Ce que nous avons marché dans la forêt en portant les kayaks. En rose les deux premiers jours de randonnées, les données du troisième ont mystérieusement disparu de mon GPS…

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