Les trois prochains mois

3 mois, 3 mois, ça en laisse du temps pour faire des choses. Pour réfléchir, pour se promener, pour se laisser aller. Pour surtout avoir le temps de vivre quelque part. Car après tout, n’est-ce pas cela que l’on recherche, vivre « local », ne plus avoir l’impression de voyager, mais de profiter des choses sans songer déjà à notre prochaine étape, à la prochaine ville, au prochain pays ?!

Et voici comment, mon grand sac de voyage (le gros sac à dos, celui qui contient les vêtements, la nourriture, l’eau, mais aussi mon logement, tente, duvet et tapis de sol), mon petit sac de voyage (le petit sac à dos, celui contenant papiers et appareils électroniques) et moi-même nous sommes à nouveau retrouvés à Saigon, au Vietnam.

Le but de ce voyage étant toujours la Nouvelle-Zélande, mais c’est vrai, je prends mon temps pour y arriver, profite de la vie peu chère du Sud-est asiatique et surtout me nourris de ces milliers d’expériences. Qui me dit que j’aurais l’occasion d’y revenir un jour !? Profitons.

Car des options différentes, des choix, j’en avais.
Si nous partons du postulat que je dois être au plus tard le 15 juillet en Nouvelle-Zélande, cela me laisse 3 mois.

  • 3 mois, mais pour faire quoi, courir de pays en pays pour ajouter de nouveaux tampons à mon passeport ?! hum, l’idée n’est pas déplaisante en soit, mais mis à part combler passeport et ego, je n’en vois pas vraiment l’intérêt.
  •  3 mois pour rester au même endroit ? Pas vraiment non plus, j’ai trop de fourmis dans les pattes, trop de kilomètres derrière pour réussir, serein, à me fixer quelque part.
  •  Alors quoi, un seul pays en trois mois ?! Boudiou, voilà qui me laisserait de quoi en faire le tour et plus que le tour. De m’y perdre, et surtout de pouvoir prendre le temps de m’y arrêter, de rencontrer des gens, de sympathiser, et surtout, mais alors surtout, de ne pas être pressé par le temps.
    Et d’ailleurs un des avantages de rester dans le même pays, c’est de pouvoir « économiser » de l’argent. Moins de dépenses dans les transports, apprentissage de la langue, des astuces locales pour vivre moins cher, rencontre avec des locaux pour se faire héberger ou pour découvrir des choses en dehors des sentiers battus.

C’est donc décidé, je prendrais un visa de 3 mois pour le Vietnam !

Mais d’abord, sortons prendre l’air, si la chambre dans laquelle je vous écris à le mérite d’être la moins chère que j’ai trouvée à Bangkok, elle n’en offre pas moins des conditions d’accueils déplorables. On ne sait si les murs sont recouverts de sang ou de vomis, on essaye de ne pas se poser la question, quant au reste, je n’ose pas vous en parler. Alors vite, une douche, rinçons-nous, et sortons profiter de notre dernière journée en Thaïlande.

Je n’avais pas encore essayé, certains m’en ont parlé comme quelque chose d’énervant, l’attrape touriste par excellence, d’autres comme d’un jeu, je me devais donc d’essayer. Mais quoi ?
La fameuse balade en tuk tuk !
Un tuk tuk, vous vous rappelez ?

Tuk Tuk, Bangkok

Sorte de triporteur dopé aux amphétamines, un toit pour protéger du soleil ou de la pluie, des froufrous pour aguicher le client, un pot percé pour faire ronronner la bête et une banquette pour s’y vautrer. Et des prix, rire, des prix passant allègrement d’un facteur 6 à 1. Bigre, l’arnaque me direz-vous !? Eh oui, à chacun de prendre son temps, de négocier et surtout de vouloir ou non vider sa bourse dans une simple course. Sachez néanmoins que vous pourrez aussi vous y balader gratuitement,parfois même être payé pour, oui, à la fin, de la journée je suis reparti avec plus d’argent que je n’en avais.

Mode d’emploi :
Partout dans la rue ils viendront vous voir, vous proposeront une visite de la ville, pas cher : « good price for you my friend, i like you, you’re my friend ».
La technique ? Ils vous emmènent certes dans les endroits de la ville comptant parmi les plus célèbres, ou alors à ceux que vous leur avez indiqués, mais en chemin ils s’arrêteront dans différents magasins, « pour vous mon ami, good price, good quality, magnifique costume ».
Le pourquoi ? Simple, à chaque fois qu’ils amènent un client potentiel dans une de ces boutiques affiliées au gouvernement ils se voient tamponner un petit carnet. Le tampon pouvant représenter une somme d’argent, un plein d’essence… C’est donc une opération lucrative pour eux.
L’astuce ? Nantis de ces informations vous pouvez maintenant négocier avec eux. Pour moi ce fut une course de l’autre côté de la ville, plutôt que de payer, nous nous sommes arrêtés chez deux différents tailleurs. Pratique.
Puis peu avant d’arriver, sympathisant et discutant avec lui, celui-ci m’a proposé de gagner un peu d’argent. Vous imaginez bien que je n’ai pu refuser, un backpacker se faisant payer par un chauffeur de tuk tuk, le luxe ! Nous n’avions qu’à nous arrêter dans un dernier magasin, je devais y passer au moins 10 minutes, facile.
5 minutes plus tard, me voici donc arrivé à destination, avec 150 bahts en plus dans les mains. Ce qui représente un taux horaire de 900 bahts ou alors de 22,34 euros, pas mal pour un vacancier !

20 avril, fébrile, je suis arrivé en avance à l’aéroport, je cherche le comptoir de la détaxe. C’est un peu l’astuce du voyageur, quand vous changez fréquemment de pays vous pouvez acheter différents produits et bénéficier de la détaxe au moment du départ pour le pays suivant. J’avais lu un peu partout que c’était compliqué à faire à Bangkok, il n’en est rien, en 5 minutes tout fut réglé et à moi les liasses de billets, oui en bahts, bien évidemment… Bon le seul point négatif dans l’affaire et que maintenant je vous écris sur un clavier thaïlandais, et ça, ce n’est pas tous les jours faciles !
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Le Vietnam, m’y voici de retour, et cette fois-ci j’ai un visa en poche, enfin, j’aurai bientôt un visa.
Car oui, vous pouvez le faire directement à l’arrivée, ce sera moins cher et (bien) moins long que de vous rendre dans une ambassade. La seule chose qu’il vous faudra avoir avec vous c’est une lettre d’invitation. Pour se la procurer, rien de plus facile, internet est votre ami et vous y trouverez de nombreuses agences en ligne vous permettant d’effectuer cette démarche.
Pour ma part je suis passé par celle-ci, 9 USD pour un mois, 25 pour 3 mois. Si vous cherchez bien, vous pourrez même trouver des offres spéciales ou en échange de commentaires sur des sites de voyages (guide du routard, voyage-forum…) vous vous verrez alors offrir une remise de 9 dollars (pas de petites économies, nous l’avons déjà dit !).
Lettre d’invitation en poche, photo d’identité récente, 25 USD pour payer le visa « 3 mois entrée simple à l’aéroport » (à opposer au 80 euros si vous effectuez la démarche par avance à l’ambassade) et vous voici déjà dehors à respirer l’air de Saigon, à vous remémorer ces sons et odeurs qui vous ont charmés, ces bruits, cette langue, tout, bienvenu à la maison !
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L’avantage d’arriver avant 19 h c’est que vous pourrez prendre le bus, pour 20 000 dongs (moins de 1 euro, je rappelle le taux de change, 1 euro =25 000 dongs) il vous emmène directement au marché central, proche du centre-ville, du quartier des backpackers (district 1) ou à deux kilomètres à pieds de mon couchsurfing. Le numéro du bus : 109, graver le dans votre tête ! Sauf si vous avez envie de dépenser vainement 15 USD (340 000 dongs) en taxi…
Si ces derniers mois, je n’avais pu autant que souhaiter pratiquer le couchsurfing, je comptais bien me rattraper dans les temps à venir. En effet, si à trois, voire quatre, ce n’est pas aisé — et la chose est compréhensible — seul, c’est une autre histoire, et je comptais bien essayer de passer le plus possible par ce genre de moyen pour voyager !

Ainsi donc mes trois premières nuits à Saigon je les passerais avec des Vietnamiens, voilà de quoi me permettre de me mettre réellement à bosser ma pratique de la langue.
Vous rappelez vous de Mayo au Pérou et de ses cours d’espagnol, de ce partage d’une vie quotidienne, de moments, de rires et de sourires, voici tout ce que permet le couchsurfing. Alors c’est sûr, vous n’en sortirez pas toujours vraiment reposé, vous vous mêlerez au rythme de la vie de la maison. Pourrez peut-être avoir des contraintes et des horaires, pour rejoindre vos hôtes, suivre leur programme, mais après tout, n’êtes-vous pas venu pour passer du temps avec ces personnes ?! Ce que certains appellent « contraintes », d’autres les appellent « découvertes » ! Il est vrai que ce n’est pas forcément évident de partager son temps avec quelqu’un que nous ne connaissons ni d’Ève ni d’Adam, mais le voyage c’est cela aussi, sortir de sa zone de confort, s’exposer à l’inconnu.
S’ouvrir à quelque chose que je n’ai jamais réussi à acquérir au cours de mes années de théâtre, que je n’arrive jamais à mettre en place quand je voyage avec d’autres personnes, et que seul, avec mon sac à dos, au long de la route, je me fais un plaisir de vivre : le lâcher-prise. Rien que pour cela je vous encourage à voyager encore et encore, sans compter vos jours, à vous laisser ce temps, indispensable, qui seul vous permettra de ne plus penser à demain et de vous laisser aller.

Je vous vois venir avec vos gros sabots, derrière votre écran, vous qui me lisez à des milliers de kilomètres.
« Facile à dire pour lui… » des arguments on peut en trouver pléthores. Alors honnêtement, répondez :
M’aviez-vous déjà vu voyager seul avant ?
Voyager hors d’Europe ?
Partir aussi longtemps ?
Ne pas penser, penser et toujours penser ? Ne faire que se poser des questions ?
Avoir des plans et des idées à répétitions, des embranchements, des réflexions à n’en plus finir ?!
Honnêtement ?!

Et puis un jour, on part, en couple ou seul, en famille, à pied en bus ou à vélo, on ose.
C’est peut-être ça qui fut pour moi le plus dur, oser.
Je ne vous traite pas de lâches vous qui restez loin, à l’autre bout de mon monde, j’aimerais un jour oser ce que vous faites, construire les vies que vous avez, mais pour l’instant j’explore, je vogue, je cherche l’endroit de ma vie à moi.
Néanmoins, je vous souhaite un jour de vivre ce que je vis, de pouvoir prendre votre temps dans les voyages, d’aller même tellement lentement que vous n’aurez plus l’impression de voyager, mais de vivre.

Saigon, je vous en avais déjà parlé, ville bruyante et foisonnante de vie, capitale économique du Vietnam, ville aux millions de scooters qui se croisent en tous sens, aux parcs et équipements sportifs disséminés un peu partout. Sa cohue, sa folie, son rythme, c’est ça, son rythme, voilà ce que j’aime ! Son flow ou alors son flot, à vous de voir. J’aime sa manière de vivre, de respirer, heureux d’y déambuler, de passer du temps dans les lieux publics, de sympathiser avec des gens, de les voir et les revoir, pour échanger, discuter et apprendre avec eux. Avoir le temps vous permet de faire plus que de visiter les monuments d’une ville, cela vous permet de rencontrer ses habitants.

Mais je parle je parle, et je vous oublie, du concret que diable, vous n’êtes pas là que pour m’entendre divaguer !

Que n’avais-je eu le temps de visiter à Saigon la fois dernière et pour lequel je l’ai cette fois pris ?

  • L’habit traditionnel du Vietnam vous connaissez ? Vous l’avez surement déjà vu mais sans savoir son nom : “Áo dài “. Et bien sachez qu’un petit musée lui est dédié, et que comble de chance, celui-ci est même gratuit ! Allez hop ! (Ce musée s’aventure aussi a vous parler des 56 ethnies différentes peuplant le Vietnam)

     

  •  Les tunnels de Cu ChiSi au début je pensais louer une mobylette pour y aller (120 000 dongs ou un peu plus de 5 USD), je me suis vite rendu compte qu’il me reviendrait bien moins cher d’effectuer la même chose via une agence de tourisme, qui pour 89 000 dongs m’y emmène, m’en ramène et me fournis même via un guide des explications !
    Un guide ! Quel bonheur, voir c’est bien, avoir les sous-titres pour tenter de comprendre, c’est mieux !
    Certes, j’y perds en autonomie, mais pouvoir ne pas conduire pendant 1 h 30 dans les rues embouteillées de la banlieue de Saigon et plutôt en profiter pour écouter quelqu’un parler… quel luxe.

Cu-Chi, bienvenu, mais qu’est-ce que c’est au juste ?
La guerre du Vietnam, vous vous rappelez ? La piste Ho-Chi-Minh, cela vous évoque-t-il quelque chose ? Cet ensemble de routes et de sentier servant à ravitailler les combattants du Viet Cong et de l’armée populaire œuvrant au sud Vietnam. Si les prémices logistiques de la chose furent posés lors de la bataille de Dien Bien Phu, nous parlons ici d’un axe emprunté par des milliers de personnes, vélos et camions, nous parlons de l’axe de transport principal du Nord Vietnam dans sa guerre contre le sud, et le terminus de cet axe, je vous le donne en mille, Cu Chi.
Mais cet ensemble de tunnels était aussi une base avancée, atelier de réparation, de construction, d’armement, hôpital, cuisine, des tunnels sur plusieurs niveaux, un gruyère dans la colline, c’était une vraie base opérationnelle que l’on me proposait de visiter. Je me voyais déjà 20 mètres sous terre, dans les salles et tunnels obscurs, cherchant à comprendre le quotidien de ces gens, à retenir mon souffle dans ces lieux chargés d’histoires.
Las, de la partie souterraine vous ne verrez que 100 mètres de tunnel dans lesquels vous vous déplacerez accroupis, les uns derrière les autres, contemplant le fessier de la personne vous précédant et offrant le vôtre à celle qui vous suit… charmant. Du complexe souterrain vous n’aurez pour seule expérience qu’une maquette à la fin de la visite.

Alors pourquoi donc tant de personnes viennent visiter cet endroit ?
Pour la fameuse photo de votre corps jaillissant du sol, dans ces trappes servant d’accès secret et rapide au souterrain ?
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Pour cette carcasse de tank américain abandonné par le temps et les combats, servant maintenant de piédestal aux touristes pour leurs photos ?
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Pour ce champ de tir où contre des espèces sonnantes et trébuchantes, vous pourrez acheter des munitions en tout genre pour vous amuser à tirer avec des armes d’époques ?


C’était donc cela ces claquements secs que nous entendions au loin, se faisant de plus en plus fort et oppressant au fur et à mesure que nous nous rapprochions.

Ou si la guerre et son héritage deviennent quelque chose de monnayable, est ce peut être pour en avoir nous aussi un souvenir ? N’ayez crainte, en la matière ils sont très bien achalandés ! De la confection de sandales en pneu aux tubes de rouges à lèvres dans des cartouches de 7.62, il y en aura pour tous les goûts…

20 h, mon bus est déjà là, je suis en retard, enregistrons-nous rapidement, et pressons de nous endormir, demain matin, le dimanche 24 avril, j’arriverais à Nha Trang, ville portuaire, balnéaire et qui m’est totalement inconnue.

Si au début je pensais n’y rester que 3 nuits, c’est en tout cas la demande que j’avais faite à ma couchsurfeuse, voici maintenant presque 3 semaines que j’y suis…
Et vous savez quoi, on me m’a même pas poussé à, les choses se sont faites naturellement…

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